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Tome Premier.
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MARIE STUART.

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Cecil se sépara de lui en l’avertissant que les difficultés présentéesla veille par la reine n’étaient pas un refus de sa part, qu’elle dési-rait connaître la réponse qu’y ferait la reine mère, avant de prendreune résolution définitive 1 .

Paul de Foix fit partir sur-le-champ son secrétaire chargé derendre compte à la reine mère de ce qui s’était passé. Catherine deMedicis le renvoya avec des réponses fort adroites et très-afïec-tueuses, commandant à Paul de Foix de poursuivre vivement cettenégociation. Le secrétaire fut de retour le 22 mars, et, le 23, l’am-bassadeur alla trouver Élisabeth. Il lui répéta, au nom de la reinemère, avec des développements étendus et d’insinuantes flatteries,les raisons qu’il lui avait déjà exposées en faveur de cette union.Élisabeth parut touchée de cette insistance flatteuse. Elle ne voulutpas y répondre par un refus dont la promptitude eût ressemblé à dudédain ou à de la désapprobation ; mais elle ne se montra pointpersuadée.

Paul de Foix s’attacha alors à rechercher l’appui de Cecil, deThrockmorton et du comte de Leicester, les trois personnagesqu’elle consultait avec le plus de confiance et qui exerçaient le plusd’influence sur ses déterminations. Leicester se déclara ouverte-ment pour ce mariage, qui était impossible, et à l’aide duquel ilespérait empêcher ceux dont la réalisation était plus à craindre, etpar là faciliter l’union qu’il rêvait depuis longtemps avec Élisabeth.Cecil, que Paul de Foix essaya de gagner par de grands éloges etles offres les plus séduisantes, lui répondit :

« Qu’il n’auroit esgard ni au roy, ni à aucun don ou récompensequ’il en peut espérer, mais seulement au service de Dieu, bien de samaîtresse et proffit de ses subjects, et que, autant que ces trois chosess’y pourroient trouver, il y apporteroit tout ce qu’il pourrait de bonneaffection ; qu’il avoit tousjours esté fort scrupuleux de se mesler detelles matières de mariage ès partis qui s’estoient cy-devant présentés àla dite dame, de peur qu’il ne luy en mésadvint par quelque mauvaisévénement. »

Il dit que la reine était encore dans l’indécision et qu’elle voulaitprendre l’avis de quelques-uns des principaux seigneurs absents,

1 Tous ces détails sont tirés de la longue dépêche de plus de vingt pages quePaul de Foix adressa à sa cour le 18 février 1565. Bibliothèque du roi, vol. 740,Harlay, 218>.