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Tome Premier.
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APPENDICES.

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dit qu’elle avait cru rêver en se rappelant ce qu’il lui avait pro-posé , qu’elle ne l’avait communiqué à aucun de ses conseillers,mais y avait elle-même trouvé trois difficultés : 1 0 l’inégalité desâges qui l’exposerait, sinon aujourd’hui, du moins dans quelquesannées, à un mépris qui abrégerait ses jours; 2° l’impossibilité oùelle serait de s’absenter de son royaume, n’ayant ni sœur, ninièce, ni personne à qui elle se fiât assez pour lui en laisser legouvernement, et la nécessité où le roi serait de rester dans le sien,qui réclamait impérieusement sa présence; 3° la crainte que sonparlement, sans l’avis duquel elle ne pouvait pas se marier, à cequ’on croyait d’après les lois du royaume, ne s’y opposât, de peurque l’Angleterre ne fut assujettie à la France.

Paul de Foix ne resta point sans réponse. Il soutint que les princesne devaient pas s’en tenir à la considération de l’âge, et qu’il leursuffisait d’assurer leur succession en ayant des enfants; qu’ellen’aurait pas besoin de quitter son royaume et que le roi viendraitl’y voir ; que son parlement condescendrait, comme elle n’en dou-tait pas elle-même, à sa volonté, et qu’il serait facile de prévenir,par de bons accords, tous les inconvénients qu’elle paraissait re-douter. — Mais, si le roi y contrevient, répliqua spirituellementÉlisabeth, qui l’appellera en justice? — L’ambassadeur ayant priscette réponse pour un refus et s’en montrant piqué, la reine lui ditqu’elle lui avait fait connaître les difficultés qui s’étaient tout d’abordprésentées à elle, mais qu’elle n’abandonnait point pour cela lanégociation. Elle lui annonça que Cecil viendrait s’en entreteniravec lui.

En effet, le ministre d’Élisabeth, qui se prêtait avec une am-bitieuse docilité aux faiblesses et aux lenteurs de sa souveraine,aborda le lendemain la discussion de cet étrange projet avec Paulde Foix. Après lui avoir affirmé que la reine, sa maîtresse, ne semarierait avec aucun Anglais, pas même avec le comte de Leicesterqu’elle aimait non comme un sujet, mais comme un frère, et luiavoir dit quü gagerait à cet égard sa tête , il lui exposa, en lesadoucissant un peu dans la forme, les raisons qu’il avait données àÉlisabeth contre le projet de mariage avec Charles IX. Paul de Foixy répondit du mieux qu’il put; il crut lever la principale objectionen proposant de faire régner en Angleterre le second fils qui naî-trait de ce mariage, et de laisser le royaume de France à l’aîné.