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Tome Premier.
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MARIE STUART.

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A tant de témoignages de l’authenticité de lettres, qui sont dureste en parfait rapport avec la conduite morale de Marie avant etaprès le meurtre, avec la déposition de Nicolas Hubert dit Parisfaite longtemps après la découverte des lettres, avec la confessiond’Hepburn sur l’échafaud, on n’oppose que l’assertion vague de leurfabrication. C’est le même reproche que Marie Stuart adressa aussià des lettres réellement envoyées par elle en Écosse, dans le moisde décembre 1568, dont le gouvernement anglais avait la copie,et que le prince Labanoff a insérées dans son recueil b Ces lettres,dont se plaignit Élisabeth, furent désavouées par Marie :

« Quant aux autres lettres, dit-elle, je n’en ai nulle connoissanceet n’écrivis jamais de si vaines phantésies quant je les eusse soupson-nées; parquoy si vous plaist enquérir, vous n’i trouverez rien ni demon commandement, ni de ma meyn, ni lettres 1 2 . »

En écrivant à Cecil le lendemain, elle les repoussa avec tout au-tant de force.

« Je croy, lui disait-elle, que ceux qui vous ont baillé les dites cop-pies en pourront faire autant des originaux, par le moyen desquellesvous en serez plus certain. Quant à une qui m’a esté montrée (Élisa-beth avait ordonné au vice-chambellan Knollys de la lui faire voir), jene vous diray poinct qu’il y a esté adjousté, mais que du tout je n’aypoinct escrit telle lettre (c’est celle qui est dans Haynes, p. 503 à 505,et dans Labanoff, t. H, p. 245 et 249) : les myennes estoient simple-ment adressantes à quelques-ungs de la noblesse de mon royaume,tendant seulement à entretenir mes bons subjets en obéissance. Commeles proclamations ont esté amplifiées? je ne sçay, et vous asseure queje n’en viz jamais la forme 3 . »

Elle alla plus loin avec Knollys, qui avait été chargé de lui ex-primer la surprise et le mécontentement d’Élisabeth. Elle lui ditqu’elle la croyait forgée par un Français qui était en Écosse.

« That she suspected that a Frenchman, now in Scot'and, might bethe author of some letters devised in ber name 4 . »

1 T. II, p. 246 et 249.

2 Marie Stuart à Elisabeth, 27 janv. 1569, Labanoff, t. II, p. 289.

* Marie Stuart à Cecil, 28 janv. 1569, dans Labanoff, t. Il, p. 292, 293.

* Knollys à Elisabeth, 28 janv. 1569. Au St. Pap. Off., et dans Robertson, piècesjustificatives, n° XXXI.