Band 
Tome Premier.
JPEG-Download
 

480

MARIE STUART.

Boduel (le diet Paris amvent à Lislebourg [Edimbourg] luy baille lesbrasseletz), lequel sieur estoyt prest de monter à cheval pour aller trou-ver le roy et la roy ne, avec lequel le dict Paris retourne au devant duroy, lequel ils conduysent jusques à son logis k Kirkafeild. » (2 e déposi-tion de Paris, dans Male. Laing, t. Il, p. 311.)

Ces lettres, dont le texte nous a été exactement transmis dansles copies que nous en avons, dont l’écriture avait été reconnueen Écosse et en Angleterre comme étant celle de Marie Stuart, dontle contenu est conforme aux dépositions de Crawford, de Paris, auxsouvenirs de Lennox , à des faits même relatés dans la correspon-dance authentique de Marie Stuart, sont de plus confirmées par laconduite de Marie Stuart avant et après le meurtre. Aller à Glas-gow , en ramener Darnley par des témoignages d’affection, s’éta-blir dans la maison de Balfour, si peu faite pour recevoir un roiet une reine ; y coucher plusieurs nuits, et retirer à la veille del’explosion les objets qu’elle ne voulait pas sacrifier; se décidervis-à-vis du roi à en partir peu de temps avant le meurtre et peude temps après que la poudre et deux des meurtriers avaient étéplacés dans sa propre chambre, où on ne les aurait certainementpas mis s’il y avait eu la moindre chance qu’elle y redescendît ; semontrer après l’attentat si indifférente et si inactive ; se retirer avecBothwell à Seton et s’y livrer à des distractions étranges aprèscette horrible catastrophe ; combler coup sur coup de faveurs et dedignités le chef des meurtriers; l’accompagner des vives marquesde son intérêt lorsqu’il est traduit en justice; être enlevée parlui ; consentir à l’épouser quelques mois après le meurtre de sonmari qu’il avait tué : voilà ce qui est malheureusement en completaccord avec les lettres, et ce qui ne laisse aucun doute sur la cul-pabilité de Marie Stuart b

1 Je renvoie du reste aux deux volumes de Male. Laing •. An hislorical disser-tation on lhe ‘participation of Mary Queen of Scots in the murder of Darnley;ainsi qu’à la Dissertation de Robertson on King Henry's murder à la suite duVIII e livre de son histoire d’Ecosse. Laing, Robertson, ïlume, Sharon Turner?Hallam, Raumer, croient Marie Stuart complice du meurtre de son mari; GeorgeChalmers , William Tytler, Goodall, Withaker, le docteur Lingard s’attachent àl’en justifier. M. P. Fraser Tytler se maintient dans le doute, et, tout en trou-vant que sa conduite l’accuse, il passe sous silence les documents écrits qui s’élè-vent contre elle.