CHAPITRE IX.
489
25 août à York. Au moment même où cette princessese croyait en pleine sécurité, arriva la terrible nou-velle du massacre de la Saint-Barthélemy. Un cri d’é-pouvante et de colère s’éleva dans tout son royaume 1 ,et, remplie de défiance aussi bien que d’indignation,elle assembla son conseil pour délibérer sur cequ’elle avait à faire 2 . Elle laissa plusieurs jours àOxford sans lui donner audience l’ambassadeur deFrance la Motbe Fénelon, qui y était venu afin dejustifier ce massacre en l’attribuant à la découverted’une conspiration des protestants. Lorsqu’elle l’ad-mit enfin en sa présence, elle était accompagnée desseigneurs de son conseil et des principales dames desa cour, tous vêtus de deuil et gardant un mornesilence dans sa.chambre privée, qui avait l’aspectlugubre d’un tombeau 3 . La Mothe Fénelon tra-versa cette foule muette dont les regards fixés *enterre se détournèrent de lui, et il s’avança vers lareine, qui le reçut avec un visage triste et sévère 4 .Elle ne dissimula à l’ambassadeur de Charles IX nison horreur de cet événement, ni son incrédulité ausujet des explications qu’il lui en donna, ni sescraintes sur les suites qu elle en prévoyait. Elle
1 Correspondance de La Mothe Fénelon, t. IV, p. 116, 121.
2 Ibid., t. V, p. 122.
3 Ibid., p. 122. — Carte, A General History oj England.Fond., 1752, in-f°, t. III, p. 522.—Lingard, t. VIII, ch. n.
4 Correspondance de La Mothe Fénelon, t. V, p. 122.