196
MARIE STUART.
que la reine d’Angleterre prendrait leur jeune roisous sa protection ; que les droits de celui-ci neseraient point infirmés par une sentence prononcéecontre sa mère, et seraient maintenus par unedéclaration du parlement anglais; qu’une alliancedéfensive serait établie entre les deux royaumes ;que les comtes de Huntingdon, de Bedford oud’Essex assisteraient à l’exécution de Marie avecdeux ou trois mille hommes, et joindraient en-suite leurs forces à celles du jeune roi pour réduirele château d’Edimbourg; enfin que ce château se-rait remis au régent, et que l’Angleterre payeraittous les arrérages dus aux troupes écossaises 1 .
Ces conditions parurent exorbitantes à Killegrew,inacceptables à Burghley, trop coûteuses et tropcompromettantes pour l’étroite parcimonie et l’hy-pocrite cruauté d’Elisabeth 2 . Elle voulait bien faireôter la vie à Marie Stuart, mais sans mettre lesmeurtriers à sa solde et sans se montrer leur insti-gatrice ou leur complice. Le haut prix que lesdeux comtes écossais demandaient pour verser lesang de leur ancienne souveraine, et la mort sou-daine du régent Mar, qui expira le 28 octobre, àStirling, non sans qu’on le crût empoisonné, rom-pirent dans le moment cette odieuse négociation,
1 Tytler, t. Vil, p. 392.
2 IlmL, p. 393.