218 MARIE STUART.
consolation de tous maulx en une meilleure vie.Eh bien, je suis prisonnière, et Dieu prend l’unedes créatures que j’aimoys le mieux. Que diray-jeplus? il m’a osté d’un coup mon père et mon oncle,.le le suivray, cpiand il lui plaira, avesques moinsde regrets 1 . » ^
En même temps que l’appui du cardinal de Lor-raine lui manqua à la cour de France, elle vit sedissiper les espérances qu’elle avait fondées surHenri III. Ce prince de beaucoup d’esprit, mais depeu de conduite, plein de courage et dépourvu decaractère, suivit, sous la direction de sa mère, lapolitique indécise qui avait troublé et ensanglantétout le règne de Charles IX. Cette politique de mé-nagement envers les partis, de duplicité envers leshommes, mêlée de négociations et de guerres, con-duisant à des faiblesses dont il n’était possible desortir que par des tromperies ou par des excès, ra-menant tour à tour des concessions sans durée etdes résistances sans fermeté, était malheureusementconforme à la situation du royaume, à l’esprit dutemps, et au penchant de Catherine de Médicis.N’étant point parvenue, au moyen de l’autoritéroyale, à faire tolérer le protestantisme par les ca-tholiques, et à ramener les protestants au catholi-cisme , l’adroite mais changeante Catherine mécon-
1 Labanoff, t. IV, p. 267.