CHAPITRE IX.
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veurde son fils, dont la liberté était perdue et la sû-reté menacée et elle demandait à Elisabeth de la déli-vrer elle-même avant de mourir :— « Je vous supplie,lui disait-elle, en l’honneur de la douloureuse passionde Nostre Sauveur et Rédempteur Jésus-Christ, jevous supplie encore un coup me permettre de meretirer hors de ce royaulme en quelque lieu derepos, pour chercher quelque soulagement à monpauvre corps, tant travaillé de continuelles douleurs,et, avec liberté de ma conscience, préparer mon âme
à Dieu qui l’appelle journellement.Vostre prison
sans aucun droict et juste fondement a jà destruictmon corps.... Il ne me reste que l’âme, laquelle il est
en vostre puissance de captiver. Donnez-moy ce
contentement avant que mourir, que voyant touteschoses bien remises entre nous, mon âme, délivréede ce corps, ne soit contraincte d’espandre ses gémis*sementz vers Dieu, pour le tort que vous aurezsouffert nous estre faict icy bas; ains au contraire,en paix et concordé avec vous, départant hors decette captivité, s’achemine vers luy, que je prie vousbien inspirer sur mes très-justes et plus que raison-nables complainctes et doléances. >>
Mais ses prières n’eurent pas plus de succès queses complots. Condamnée à rester prisonnière, l’in-fortunée se justifiait sans être crue, suppliait sansêtre exaucée, conspirait sans pouvoir réussir. Sondernier projet, qui venait d’être déjoué par un coup