CHAPITRE IX.
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tesse de Shrewsbury avait prétendu qu’une étroiteintimité s’était établie entre elle et son mari, etqu’elle était devenue grosse.
Sensible à l’excès à cette calomnie 1 , que la com-tesse fut contrainte de démentir 2 , la captive indignées’en plaignit avec la dernière amertume. Elle com-muniqua à Élisabeth même, pour rendre suspectela comtesse de Shrewsbury, les confidences désho-norantes que celle-ci lui avait faites sur les amours dela reine d’Angleterre, se vengeant ainsi, avec une co-lère qui n’était peut-être pas irréfléchie, de ses deuxennemies, en dénonçant l’une et en blessant l’autre.« J’appelle mon Dieu à tesmoing, écrivait MarieStuart à Élisabeth , que la comtesse de Shrewsburym’a dit de vous ce qui suit, au plus près de ces
termes. Premièrement, qu’un (le comte de Lei-
cester) auquel elle disoit que vous aviez faict pro-messe de mariage devant une dame de vostre cham-bre , avoit couché infinies foys avvesques vous,avecque toute la licence et privaulté qui se peut
user entre mari et femme;. que vostre mariage
ne se pourroit accomplir, et que vous ne vouldriezjamais perdre la liberté de vous fayre fayre l’amouret avoir vostre plésir toujours avecques nouveaulxamoureulx, regrettant, ce disoit elle, que vous ne
1 Labanoff, t. VI, p. 37, 43. * '
2 Ibid. f p. «9. ' -