MARIE STUART.
272
sais s’ils consentaient à se soumettre, et marierait leroi son fils sur l’avis et avec l’agrément de la reined’Angleterre sa bonne sœur l .
Pendant que se poursuivait cette négociation,Elisabeth avait pénétré encore plus avant dans lescomplots ourdis contre elle en Europe. Le jésuiteCreighton et le prêtre écossais Abdy, pris par uncorsaire danois, avaient été livrés à Walsingham.Leurs papiers, qu’ils s’étaient hâtés de déchirer, maisdont on avait réuni les fragments, et les aveux deCreighton, appliqué à la torture, avaient dévoiléavec détail les projets du parti catholique continen-tal, comme ceux de Francis Throckmorton avaientfait connaître les dispositions du parti catholique an-glais. L’opinion protestante s’était fortement émue,et l’on avait menacé de formidables représailles lesennemis, quels qu’ils fussent, d’Élisabeth et de la foiréformée. On avait dressé et signé dans le royaumeune association dont les membres s’engageaient àpoursuivre jusqu’à la mort ceux qui attenteraient àla vie de la reine, et même celle en faveur de quil’attentat serait commis ou projeté 2 .
Le parlement anglais assemblé sur ces entrefaitesavait, dans le même esprit, passé deux bills dirigéscontre Marie Stuart et contre les catholiques. Le
1 Labanoff, t. VI, p. 58 à 65. Articles présentés par Naude la part de Marie Stuart.
2 Gamden, t. II, p. 418. — Lingard, t. VII, cli. ni.