CHAPITRE X.
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parut avoir gagné le brasseur chargé de fournir labière pour la provision de la reine. Cette provisionétait portée toutes les semaines dans un vaisseau oùGifford déposait un étui de bois creux, renfermantles paquets de lettres. Le sommelier de Marie Stuartretirait l’étui, qu’il donnait au secrétaire Nau, lequelle lui rendait avec les réponses de la reine afinqu’il le replaçât dans la barrique vide, que le char-retier rapportait au brasseur 1 , appelé dans les cor-respondances Y honnête homme 2 . Des gentilshommescatholiques du voisinage, selon l’explication qu’endonna Gifford à Châteauneuf, allaient prendre oudéposer chez le brasseur les paquets de lettres quedes gens sûrs remettaient à l’ambassade, ou qu’ils enretiraient, en ayant recours à des déguisements va-riés. Tel fut le moyen par lequel Gifford rassuraMarie Stuart, et qu’il employa de concert avecAmyas Paulet et Walsingham. L’un fermait les yeuxsur ce qui entrait dans le château et sur ce quien sortait, et l’autre, à qui les dépêches étaientcommuniquées avant d’être portées à l’ambassade ouplacées dans l’étui, les faisait déchiffrer par Phelippset recacheter par Grégory ; elles étaient ensuite exac-
1 Mémoire de Châteauneuf, p. 284 et 285 du t. VI deLabanoff.
2 Lettre de Paulet à Walsingham du 29 juin (9 juilletnouv. st.) 1586. Tvtler, t. VIII, p, 314, note 2.