80
ALEXANDRE.
Il a fait à son tour éclater sa bonté.
Ses transports ne m’ont point déguisé sa tendresse .
« Retournez, m’a-t-il dit, auprès de la princesse :
« Disposez ses beaux yeux à revoir un vainqueur« Qui va mettre à ses pieds sa victoire et son cœur. »
Il marche sur mes pas. Je n’ai rien à vous dire,
Ma sœur : de votre sort je vous laisse l’empire ;
Je vous confie encor la conduite du mien.
CLÉOFILE.
Vous aurez tout pouvoir, ou je ne pourrai rien.
Tout va vous obéir, si le vainqueur m’écoute.
1 AXILE.
Je vais donc... Mais on vient. C’est lui-méme sans doute.
SCÈNE IV.
ALEXANDRE, TAXILE, CLÉOFILE, ÉPI1ESTION,
SUITE D’ALEXANDRE.
ALEXANDRE.
Allez, Éphestion. Que l’on cherche Porus ;
Qu’on épargne sa vie et le sang des vaincus.
SCÈNE V.
ALEXANDRE, TAXILE, CLÉOFILE.
ALEXANDRE, à Taxile.
Seigneur, est-il donc vrai qu’une reine aveugléeVous préfère d’un roi la valeur déréglée?
Mais ne le craignez point : son empire est à vous ;
D’une ingrate à ce prix lléchissez le courroux.
Maître de deux États, arbitre des siens mêmes,
Allez avec vos vœux offrir trois diadèmes.
TAXILE.
Ab ! c’en est trop, seigneur : prodiguez un peu moins...
ALEXANDRE.
Vous pourrez à loisir reconnaître mes soins.
Ne tardez point, allez où l’amour vous appelle ;
Et couronnez vos feux d’une palme si belle.