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Théatre complet / de J. Racine : précédé d'une notice par M. Auger
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ALEXANDRE.

A nous vendre leur mort semble se préparer.

ALEXANDRE.

Désarmez les vaincus sans les désespérer.Madame, allons fléchir une fièreprincesse,Afin qu’à mon amour Taxile s’intéresse ;

Et, puisque mon repos doit dépendre du sien,Achevons son bonheur pour établir le mien.

ACTE QUATRIÈME.

SCÈNE I.

AXIANE.

N’entendrons-nous jamais que des cris de victoireQui de mes ennemis me reprochent la gloire ?

Et ne pourrai -je au moins, en de si grands malheurs,M’entretenir moi seule avecque mes douleurs ?

D’un odieux amant sans cesse poursuivie,

On prétend, malgré moi, m’attacher à la vie :

On m’observe; on me suit. Mais, Porus, ne crois pasQu’on me puisse empêcher de courir sur tes pas.

Sans doute à nos malheurs ton cœur n’a pu survivre :En vain tant de soldats s’arment pour te poursuivre,On te découvrirait au bruit de tes efforts ;

Et s’il te faut chercher, ce n’est qu’entre les morts.Hélas! en me quittant, ton ardeur redoubléeSemblait prévoir les maux dont je suis accablée,Lorsque tes yeux, aux miens découvrant ta langueur,Me demandaient quel rang tu tenais dans mon cœur ;Que, sans t’inquiéter du succès de tes armes,

Le soin de ton amour te causait tant d’alarmes-Et pourquoi te cachais-je avec tant de détoursUn secret si fatal au repos de tes jours ?

Combien de fois, tes yeux forçant ma résistance,

Mon cœur s’est-il vu près de rompre le silence !Combien de fois, sensible à tes ardents désirs,

M’est-il en ta présence échappé des soupirs !

Mais je voulais encor douter de ta victoire ;