ACTE V, SCÈNE fl.
CLÉOFILE.
Mais quoi î seigneur, toujours guerre sur guerre ?Cherchez-vous des sujets au delà de la terre ?
Voulez-vous pour témoins de vos faits éclatantsDes pays inconnus même à leurs habitants ?Qu’espérez-vous combattre en des climats si rudes ?
Ils vous opposeront de vastes solitudes,
Des déserts que le ciel refuse d’éclairer,
Où la nature semble elle-même expirer.
Et peut-être le sort, dont la secrète envieN’a pu cacher le cours d’une si belle vie,
Vous attend dans ces lieux, et veut que dans l’oubliVotre tombeau du moins demeure enseveli.
Pensez-vous y traîner les restes d’une arméeVingt fois renouvelée et vingt fois consumée ?
Vos soldats, dont la vue excite la pitié,
D’eux-mêmes en cent lieux ont laissé la moitié ;
Et leurs gémissements vous font assez connaître...
ALEXANDRE.
Ils marcheront, madame; et je n’ai qu’à paraître :
Ces cœurs qui dans un camp, d’un vain loisir déçus,Comptent en murmurant les coups qu’ils ont reçus,Revivront pour me suivre, et, blâmant leurs murmures,Brigueront à njes yeux de nouvelles blessures.
Cependant de Taxile appuyons les soupirs :
Son rival ne peut plus traverser ses désirs.
Je vous l’ai dit, madame; et j’ose encor vous dire...
CLÉOFILE.
Seigneur, voici la reine.
SCÈNE II.
ALEXANDRE, AX1ANE, CLÉOFILE.
ALEXANDRE.
Eli bien, Porus respire.
Le ciel semble, madame, écouter vos souhaits;
Il vous le rend...
AXIAN'E.
Hélas ! il me l’ôte à jamais !
Aucun reste d’espoir ne peut flatter ma peine;
Sa mort était douteuse, elle devient certaine :
a.
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