BRITANN1CUS.
2f.8
SCÈNE VII.
AGRIPPINE, BURRHUS.
AGRIPPINE.
Ah ciel 1 de mes soupçons quelle était l’injustice 1Je condamnais Burrhus pour écouter Narcisse!Burrhus, avez-vous vu quels regards furieuxNéron en me quittant m’a laissés pour adieux ?
C’en est fait, le cruel n’a plus rien qui l’arrête ;
Le coup qu’on m’a prédit va tomber sur ma tête.
Il vous accablera vous-même à votre tour.
BURRHUS.
Ah madame ! pour moi j’ai vécu trop d’un jour.
Plût au ciel que sa main, heureusement cruelle,
Eût fait sur moi l’essai de sa fureur nouvelle!
Qu’il ne m’eût pas donné, par ce triste attentat,
Un gage trop certain des malheurs de l’État !
Son crime seul n’est pas ce qui me désespère ;
Sa jalousie a pu l’armer contre son frère :
Mais, s’il vous faut, madame, expliquer ma douleur,Néron l’a vu mourir sans changer de couleur.
Ses yeux indifférents ont déjà la constanceD’un tyran dans le crime endurci dès l’enfance.
Qu’il achève, madame, et qu’il fasse périrUn ministre importun qui ne le peut souffrir.
Hélas ! loin de vouloir éviter sa colère,
La plus soudaine mort me sera la plus chère.
SCÈNE VIII.
AGRIPPINE, BURRHUS, ALBINE.
ALBINE.
Ah madame! ah seigneur! courez vers l’empereur,Venez sauver César de sa propre fureur ;
11 se voit pour jamais séparé de Junie.
AGRIPPINE.
Quoi ! Junie elle-même a terminé sa vie?
ALBINE.
Pour accabler César d’un éternel ennui,