394 Mémoires pour fervirment ; car il eut eu afïèz de courage pourprendre l’un & l’autre : mais n’étantpoint fait, il n’en avoit pas allez pourdemander deux dépouilles qui l’eulfentrendu le maître de la France. Les offresqu’on lui avoit faites pour celle du Ducde Brezé, fon beau-frere, n’éEoient pasde petite conféquence : il avoit pu avoirdès-lors Stenay, Jametz & Clermont;mais il les avoit refufés, prétendant da-vantage. Dans la fuite des temps, il les aeu, parce que le Miniftre n’eut pas laforce de les lui refufer, quand, par lesbrouilleries qui arrivèrent depuis, fa puif-fance diminua, & que celle des Princesdevint trop grande.
Ce Prince du Sang, premier en rang& rempli de mérite, mourut le lendemainde Noël, (1646) environ à minuit : ilfinit fa vie chrétiennement & en bon Ca-tholique. Heureux fi fes demieres an-nées & fes dernieres heures ont pu effa-cer devant le Seigneur les pallions de fajeunefiè. Quoique fes aïeuls euflènt étéHuguenots, il fut toujours l’ennemi ca-pital de ceux de la Religion, & demeu-ra ferme dans la véritable. Henri IV l’a-voit fait déclarer préfomptif héritier dela Couronne, & fi pauvre, que fon bienne fut effimé que dix mille livres de rente.