à VHijïoire d’Anne d'Autriche. 409ment en forme d’excufe, ils fe faluerent &demeurèrent bons amis, c’eft-à-dire, au-tant que le peuvent être de grands Princes,que l’intérêt & la politique peuvent tousles jours rendre ennemis.
Le Duc de Longueville, qui étoit pro-prement de la famille de M. le Prince,à caufe de Madame de Longueville, quin’avoit pas moins d’ambition que fon fre-re , demanda la charge de Colonel desSuifiès, qui étoit vacante par la mort duMaréchal de Baffompierre,difantàJa Rei-ne , qu’en partant pour aller en Allema-gne pour y traiter la paix, elle lui avoitpromis de lui donner la première qui fe-roit à fa difpofition. Monfieur s’y oppofafortement, tant pour plaire h la Cour,à ce que l’on crut, que pour fes intérêtsparticuliers, difant qu’il ne fouffriroit pasque Monfieur le Prince, qui étoit déjàGrand-Maître de la Maifon du Roi, eûtun beau-ftere Colonel des Suifiès; aumoyen defquelles deux charges jointesenfemble, il feroit tout-à-fait maître dela Maifon, & même de la perfonne duRoi. Ces difficultés furent caufe qu’on ladonna au Maréchal de Schomberg, & leGouvernement de Metz, en récompenfede celui de Languedoc, que Monfieuravoit pris pour lui :& le Duc de Longue-Tome I. S