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ville fut contraint de fe contenter desgrands établilfements qu’il avoir déjà, &de l’honneur de travailler à la plus gran-de affaire du monde, dont on difoit pour-tant qu’on avoir donné le fecret à Servienplus qu’à lui; mais il avoit de bons par-reins à la Cour. Moniteur le Prince, &la Normandie, dont il étoit le Gouver-neur, étoient des gages bien allurés defa récompenfe. Aulfi il ne fut pas long-temps fans être fatisfait, quoiqu’il ne fûtpas déjà trop à plaindre.
La Reine reçut en ce temps-là (Février1647 ) une autre lettre du Roi fon fre-re, où il lui faifoit part de fon fécondmariage avec la fille de l’Empereur, quiavoit été deftinée au Prince fon fils. Il luimandoitqu’e/ Emperador aviendole ofre-cido fu hijay fiendofe el fin hijo ,y el Prin-cipe muerto , el feavia refuelio encafarfeton ella ; & fa lettre finifloit en ces termes:Guarde me Dios à Fuefira Majeftad comalo deffeoy como lo he menefler. Ce mot dernenefier , qui lignifie befoin, auroit pu paf-fer pour balîèfle, fi dans cette langue ilne fe rapportoit plutôt à tendreffe qu’àbefdn & néceffitè , qu’il paroît lignifier enla nôtre. Cette petite Princeflè, qui étoitfa nièce, & qui n’avoit que treize ans,devint fa femme, par cette néceflîté que