à THijîoire d’Anne dAutriche. 4x1les Rois d’Efpagne fe font impofée des’allier prefque toujours dans leur proprefamille. Il avoit alors quarante-trois ans,& cette propenfion naturelle des perfon-nes avancées en âge eut un grand effetfur lui; car il l’aima infiniment, & fitvoir que quand l’amitié qui procédé dufang fe mêle avec celle qui eft plus fen-fible , la paffion en eft fans doute plusforte & plus tendre. Comme ce Princeétoit fort aimé de l’Impératrice fa fœur, ilaima toutes les deux en une feule per-fonne; & joignant la qualité de parentavec celle de mari, cette Princeffè lui tintlieu de toute chofe ; fi bien qu’en lui celien, qui déplaît fouvent, étant noué partoutes fortes de nœuds, lui fut agréablepar la même raifon qui le rend infuppor-table à la plus grande partie de ceuxqui s’y foumettent.
Le Comte d’Harcourt, qui étoit enCatalogne en mauvaife pofture, puifqu’ilétoit mal à la Cour, demanda fon congépour revenir à Paris fe défendre contrefes ennemis, qui ne l’épargnoient pas:ils lui faifoient dire qu’il n’avoit man-qué de prendre Lerida, que parce quele Cardinal avoit abandonné la Catalo-gne, pour envoyer toutes les forces enItalie ; un homme un peu penchant vers
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