%86 Mémoires pour fervir à YHiji .
Le Cardinal, par le parti qu’il avoitpris, avoit mis ces deux fœurs en repos ;mais la Reine d’Angleterre, qui confen-toit par juftice , que la Reine préférâtl’Infante d’Efpagne à la Princefiè fa fille,ne pouvoir d’ailleurs fupporter, fans unedouceur extrême, que la Princefiè Mar-guerite de Savoye, fa niece , quoiqu’infé-rieure à fa fille, tant par la naiffance quepar la beauté, l’emportât fur elle ; & fansen rien témoigner, elle en reffentoit au-tant de peine que la chofe le méritoir.
Il y avoit en Portugal une Princefiè,qui fans doute ne manquoit pas de pren-dre part à ce noble chagrin. Comminges,qui étoit alors Ambafiadeur en Portu-gal , qui avoit envoyé à la Reine un por-trait de cette Princefiè, qui la faifoit belle,quoiqu’elle ne le fût pas, m’a depuis con-té que la Reine de Portugal fa mere of-froit au Miniftre de grands tréfors, pourobtenir que la Princefiè fa fille fût Reinede France ; & que ne pouvant fe retenirfur le dépit qu’elle eut du voyage deLyon, elle lui dit un jour qu’elle étoitétonnée de ce que le Roi de France choi-fifioit fi mal.
Mademoifeîle de Mancini, quoiqu’ellene fût pas Princefiè , prenoit auiîi fapart de l’inquiétude commune à tant d’il-