d'Anne dAutriche. (1658.) 2914 uî manquer, & ne la pas làcisfaire. LaPrinceflè Marguerite , à ce qu’on a tudepuis , avoic des fentiments contrairesà ceux de Madame Royale ; elle trouvoicque ce voyage lui devoit être d’une dan-gereufe conféquence : il lui fembloit qu’onl’alloit offrir à qui peut-être ne la pren-droit pas :& comme elle étoit prudente,& qu’elle fe voyoit expofée au péril dedéplaire, cette aventure lui paroilTok fâ-cheufe. On a fu qu’elle avoit réfifté à cevoyage, & qu’elle avoit même feint d’êtremalade pour ne le pas faire ; mais toutesfes précautions ne la purent exempter decette humiliation; elle fervit à lui donnefrl’eftime de tous ceux qui la virent à Lyon ;& fi elle manqua d’être Reine d’un grandRoyaume, elle acquit du moins la répu-tation d’en être digne : ce n’eft pas peude chofe.
La Cour arriva à Lyon le 23 de No-vembre , & celle de Savoye le vingt-huitdu même mois. Quand on fut que Ma-dame Royale étoit à trois lieues de laVille, le Cardinal Mazarin alla au-devantd’elle environ deux lieues. Monfieuryfutaprès, qui la rencontra, elle & les Prin-cefles filles à une lieue, & le Roi & laReine allèrent enfemble jufqu’à demi-lieue. Quand le Roi les fut fort proches,