et Anus iAutriche . (1658.) 309laifià pas, à ce qu’on m’afTura, de parerl’aflèmblée par l’éclat qui lui reftoit d’unebeauté qui avoic été parfaite.
La Princefiè Marguerite y fie voir suffiqu’elle pouvoir être belle quelquefois.Un teint brun a de l’avantage aux flam-beaux , & ou m’a dit depuis qu’elle étoitce jour-là bien habillée, & qu'elle danfad’une maniéré à fe faire admirer. Le Ducde Savoye qui s’en acquittoit dignement,& qui, à ce que me contèrent ceux quil’avoient vu, quoique de médiocre taille ,ne laifloit pas de l’avoir belle, ne voulutpoint danfer : on crut que ce fut encorepar fierté , & pour ne pas danfer aprèsMoniteur. Il fe tint toujours auprès de laReine, qu’il entretint galamment & avecbeaucoup d’efprit. Par hafard , la Reineayant ô.é fes gants, il fe jetta à genouxdevant elle ; & faifant de bonne grâceune exclamation fur leur beauté, il en pritune qu’il baifa d’une maniéré fi agréable,fi enjouée & fi refptétueufe tout enfem-ble, qu’il fallut que la Reine le trouvâtbon. Je lui ai oui dire quelle n’avoit ja-mais vu un plus aimable homme que lui.II étoit en réputation d’être débauché,léger, frivole, & nullement appliqué àles affaires : fon agrément l’emportoit fansdoute fur la capacité.