33*! Mémoires pour fervir à TITiJl.en avoic fait à l'on égard ; fur quoi laReine entra en raifon avec moi : & com-,me je pris la liberté de lui dire que jene pouvois pardonner au Cardinal d’a-voir fi peu laide de puiflànce à celle quilui avoit donné & confervé toute l’au-torité dont il jouifloit, elle me dit : Ila une légitime excuf'e ; car il fait queje ne me foucie pas d'en avoir. Je lui ré-pondis que, par cette même raifon, il de-voir avoir eu plus de foin de la faireobéir & confidérer. Elle rougit là-defTus,& me regardant fixément, elle me fitl’honneur de me dire : Fous avez raifon ;& changeant de difcours, elle me fit con-noîcre que ces vérités , pour les tropfentir, lui faifoient de la peine à enten-dre. Mais connoiiïànt auffi qu’elles ne luipouvoient être dites que par le fentimentd’une offeétion & d’une fidélité bien vé-ritable , & par une grande confiance quej’avois en fa difcrétion, elle m’en futgré, & me le témoigna avec beaucoupde bonté.
On m’avoit dit depuis quelques joursqu’il y avoit auprès du Roi de jeunesgens qui travailloient à la détruire, & àdiminuer en lui les fentiments de ten-drefie qu’il avoit pour elle. Je lui apprisce que j’en favois. Elle me fit l’honneur