«T Anne £ Autriche. (1659.) 355„ ves, (car il n’y a pas une femme ma-„ riée qui y loge) quantité d’hommes„ couverts, qui n’ôterent pas même„ leurs chapeaux quand Monfieur Je Ma-„ réchal entra. Je croyois d’abord qu’ils„ fuilènt tous Grands ; mais on me dit que„ chaque Dame pouvoir dans ces jours fo-„ lemnels donner place à deux galants,„ qui fe pouvoient couvrir devant la„ Reine même ; & la raifon qu’ils m’en„ donnèrent, fut qu’on les jugeoit être tan„ embevecidos , fi attentifs à voir leurs„ Dames, fi enivrés & fi étourdis de„ leurs charmes, qu’ils n’avoient point„ d’yeux que pour elles, & ne voyoient„ rien de ce qui fe pafioit devant eux.
„ Au fortir de-là, un Grand d’Efpagne,„ auprès de qui je m’étois rencontré, &„ à quij’avois parlé Efpagnol, m’emme-„ na dans fon carroflè au logis defiiné pour„ Monfieur le Maréchal, où je fuis logé,, avec la plupart de ceux qui font venus„ avec lui. Il y a les plus belles tapiflèries,, du monde, & nous fommes traités„ aux dépens du Roi. Tous les matins„ on nous vient offrir du chocalat, qui„ eft le régal de ce pays-ci.
„ Tous les Grands font venus voir„ Monfieur le Maréchal, & nous avons„ été déjà chez l’Âmirance de Caftille,