36(5. Mémoires pour fervir à l'Iiifî.nât les avantages qu’il demandeur. Eux,au contraire, le voulurent foutenir juf-qu’au bout : Dom Louis de Haro ne fevoulut jamais rendre fur cet article, &enfin la protection du Roi d’Efpagne luifut fi favorable, qu’avec elle il fit fonaccommodement de la maniéré qu’il lepouvoit fouhaiter : il revint donc glorieu-sement fe jetter aux pieds du Roi, qui,à ce qu’on m’a dit depuis, le reçue avecbeaucoup de douceur & de gravité. M.le Prince le trouva fi grand en touteschofes, que dès le premier moment qu’ilput l’approcher, il comprit, à ce qu’ilparut, qu’il étoit temps de s’humilier. L’é-clat de la jeunefîè du Roi, & ce géniede Souverain & de Maître que Dieului avoit donné, qui commençoit à fe fairevoir par tout ce qui paroi (Toit extérieure-ment de lui, perfuada au Prince de Condéque tout ce qui reftoit du régné pafieailoit être anéanti; & devenant fage &modéré par fes propres expériences, ilfit voir par fes fendments & fa conduite,qu’il avoit pris un autre efprit & de nou-velles réfoludons.
Après avoir pafie l’hyver à Niort,qui fut incommode par l’excès du froidque nous y foufîrîmes , nous partîmesMadame de Navailles, & moi avec elle,