d'Anne d'Autriche. (1660.) 367de cette petite Ville auffi-tôc après Pâques,( le 30 Mars. ) Nous allâmes h Bénac,maifon du Duc de Navailles, qui eftfituée dans l’entrée des Pyrénées. Nousattendîmes en ce lieu le retour de laCour, qui, de Provence, devoir prendrecette même route, pour aller, félon ledeiTein des deux Rois, fur la frontièreconclure la paix.
Bénac eft fituè fur une élévation àl’entrée des petites montagnes , qui plusavant fe forment en de très-grandes. Iln’eft pas loin de la plaine de Bigorre, &il eft à la vue des Pyrénées, & dont onvoit les cimes couvertes de neige par lesfenêtres du château. Il n’eft pas tout-à-fait privé des avantages du pays plat;car le Bénageois contigu à la Bigorre, eftune allez agréable vallée. De ce lieu onentre dans le profond des montagnes ,foit qu’on fuive la pifte des vallées quife forment dans ces affreufes montagnes,foit qu’on aille par le grand chemin deLourdes, qui eft une place forte à unelieue de Bénac. Elle femble être placéedu côté de la France pour en défendrel’entrée & la fortie aux Efpagnols, s’ilsavoient l’audace d’y vouloir entrer deleur côté. Le Duc de Navailles a beau-coup de bien en cette Province; il eft