d’Anne dAutriche. (1660.) 373Nous y arrivâmes le huitième Mai.
On ne parloit alors que de la beautédu lieu deftiné pour l'entrevue des deuxRois, appellé le lieu de la Conférence.Dès l’année précédente, le Cardinal &Dom Louis de Haro y avoient conféréfur la paix, & les articles y avoient étédifputés& arrêtés par eux. Dès ce temps-là; on avoit fait dans cette petite ifle unbâtiment fort beau & deux galeries éga-les, & dont l’une avoit l’iflue vers la Fran-ce, & l’autre vers l’Efpagne : elles abou-tiiîoient chacune de leur côté à un grandcabinet, & qui avoit fervi aux deux Mi-niftres. Mais alors ce lieu étoic deftinépour recevoir les deux plus grands Roisde l’Europe. On l’avoit augmenté & em-belli , & il attiroit la curioficé des deux na-tions. Monfieur & Madetnoifelle y furentpour le voir ( 17 Mai). J’eus l’honneur deles y fuivre, & véritablement ce bâtimentétoit la plus agréable chofe du monde.
Le Roi d’Efpagne étoit alors arrivé àSt. Sébaftien. Tous les François alloieatle voir dîner ; ils difoient tous que la Courde ce Roi étoit folitaire ; mais que l’In-fante étoit belle. Le Roi queftionnoir cu-rieufement ceux qui en venoient, & lesdemandes de la Reine ne tariObient pointfur ce fujet.