374 Mémoires pour feryir à VHifl.
Ceux qui de ce lieu venoient à Saint-Jean-de-Luz voir la Cour , étoienc bienreçus, & de même les François étoiencbien traités chez eux; mais comme leurnombre étoit plus grand , & leur impé-cuolîté plus exeeffive, il y eut des joursque le Roi d’Efpagne, dont les Grandsn’ofoient s’approcher pendant qu’il dî-noit, fe vit prefque étouffé par eux, &fa table prête à être renverfée. Cependantle rhariage du Roi s’avançoit; & malgréles faux prophètes qui l’avoient menacé ,& qui avoient prédit qu’il ne fe feroit pas,il paroiffoit fe devoir accomplir dans peude jours. Le Roi y envoyoit fouvent fa-voir des nouvelles de l’Infante. Elle ré-pondit toujours peu de paroles aux com-pliments du Roi, & mandoit à la Reinefa tante des chofes fort tendres.
Les Rois cependant s’occupoient àrégler les confins de leurs Royaumes; furquoi il y eut quelque différend à caufede certains lieux, qui jufques-là nel’avoiencpas été.
L’Evêque de Fréjus * m’a conté, qu’al-lant trouver le Roi d’Efpagne à St. Sé-baftien, pour être de la part du Roi letémoin du mariage, il porta une lettre
* Italien, créature du Cardinal Mazarin. Il farvoit ia langue Efpagnole,