tîAnne S Autriche. (1660.) 383
bie. Comme nous arrivâmes fur le bordd’Aniaye, nous trouvâmes des barquesque le Roi d’Efpagne, qui favoit queles Dames y dévoient aller, y avoicenvoyées. Ces barques étoient par de-hors couvertes d’étoffes éclatantes, &par dedans tapiffées de damas cramoifi,avec des molets d’or & d’argent, & desrideaux de même étoffe. Il y avoit dansces barques des bancs & des fieges ri-chement accommodés. Des carrcfîès duRoi d’Efpagne nous attendoient fur l’au-tre bord de la riviere, au pied des mu-railles de Fontarabie, où nous étantmifes , nous fûmes conduites chez Pi-mentel, qui étoit de la connoiflànce desperfonnes avec qui j’étois. * On nousapporta auffi-tôt du chocolat & des bif-cuits, le grand régal d’Efpagne. Cettemaifon étoit dans la place ; & pendantce petit repas, je m’occupai à regardertout ce qui fe put préfenter à mes yeux :je fuis curieufe, & j’aime à remarquer ceque je ne connois point encore. Je vispremièrement une grande quantité de li-vrées du Roi, & celles des Grands étoientauffi afîèz raifonnables , mais fans or ;ce qui ne les embelliffoit pas. Nous vî-mes pafTer quelques Grands, qui, outre* J'étois avec Mefdames Colbert & de Lionne,