40 8 Mémoires pour fervir à l'Hifi.pleurer ma fille, elle le devoit, & ma(œur aufli : mais d’avoir vu ces deuxgarçons pendants à mon col pleurer com-me des enfants, je me fuis de telle ma-niéré attendri, -que je n’en puis plus.)
Ainfi finit cette journée fi célébré ,dont la fatisfaétion fut égale de part &d’autre, & confirmée par l’aveu que laReine fit à la Reine fa tante, en lui di-fant qu’elle n’avoit jamais eu d’inclina-tion pour l’Empereur, & conclut pardemander au Roi un courier pour écrireau Roi fon pere. Elle ne ferma point falettre après l’avoir écrite qu’elle ne l’eûtenvoyée au Roi, le priant de la lire.Elle lui fit connoître par cette premièreaffion combien elle étoit difpofée à bienvivre avec lui, & à lui rendre au-delàmême de ce qu’il aurait pu fouhaiter ;mais comme tous les biens ici-bas fontmêlés de quelques maux, après que laReine fut couchée, j’ai fu depuis qu’ellene dormit point toute la nuit, & que parplufieurs fois en foupirant, elle dit à fapremiers femme - de - chambre qui cou-choit auprès d’elle : Ay , Molina ! mipadre. ( Héias ! Molina, mon pere. )Elle pleura ce pere qui l’aimoit fi ten-drement, & que félon toutes les appa-rences , elle ne devoit jamais revoir ; mais
enfin