d'Anne d'Autriche. (1660.) 17
petit devant Dieu ; qu’il avoit de grandsfetwiments d’humilité, & qu’elle efpéroicque Dieu auroit pitié de lui. Ce fontdeux chofes difficiles à pouvoir accom-moder enfemble que l’humilité Chré-tienne avec l’amour des biens de la tqrre& de cette grandeur qui lui faifoit dif-pofer de tout un Royaume comme bonlui fembloit. Il donna tout ce qui étoitvacant & tout ce qui n’étoit point à lui.Véritablement ce fut du confentement duRoi,& ce fut ce qui le perfuada qu’ilpouvoit impunément prendre & toutdonner aux'liens. L’excufe n’étoit paspeut-être tout-à-fait légitime: c’étoicabufer, en quelque maniéré, des fenti-ments que l’habitude avoit formés dans lecœur du Roi à fon égard, que de lui ôterfa puiflince, fes finances, & le droit dedifpofer des Charges, Gouvernements,Abbayes, Evêchés, & prefque généra-lement de tout ce qui fe trouva pour lorsdans fa difpofition.
Le Cardinal Mazarîn avoit été foup-çonné de n’avoir pas eu beaucoup de re-ligion. Sa jeunefiè étoit déshonorée parune mauvaife réputation qu’il avoit eueen Italie; & comme je l’ai dit en parlantde lui, il n’avoit jamais témoigné afièzde vénération pour les myfteres les plus