d'Anne d Autriche. (1661.) tffende moins de douleurs. Elle avoic re-gretté le Cardinal, & avoic eu des mo-ments où la longue habitude & les bon-nes qualités qu’elle avoic aimées en ceMiniilre, avec ce qu’il avoic fait pourelle en chalfanc fa niece, l’avoient ren-due fenfible à fa more, mais d’une ma-niéré plus tranquille, & le fouvenir defcs ingratitudes, petites ou grandes, effa-çoic aifément ce chagrin. Leurs Majefté*étant arrivées fe débarraflerent de la prefi-fe qu’ils trouvèrent dans le Louvre &dans leurs anti-chambres, & le Roi & hReine-Mere allèrent fe renfermer dansle cabinet de la Reine. Elle fe portoitbien de fon voyage ; & par l’état où elleétoit, elle faifoic efpérerauRoi, à la Rei-ne la raere, & à toute la France, la joie•de la voir bientôt mere d’un Dauphin.Cette jeune Princelîè n’étoic nullementaffligée de la mort du Cardinal, & l’a-mufement que le Roi avoic repris avecla Comtefle de Soilfons, quoique foibleen apparence, lui déplaifoit ü fort, quefi elle étoit chagrine, c’étoit feulementparce que, félon que le difenclesPhiiofo-phes, l’amant fe transforme en la chofeaimée, & que voyant le Roi trille, il étoitimpoffibîe qu’elle lut gaye. Enfin, ces troisroyales perfonnes fe voyant enfemble
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