d Anne d'Autriche. (1661.) 29
haitoit qu’il voulût travailler lui-mêmepour lui même. Elle n’étoit point ambi-tieufe; mais elle étoit allez bonne merepour vouloir lui aider en tout ce qu’ellepourroit. Tous les gens de bien étoiencdans ce même fentimenc, & le Minillreenmourant, foit par le defir de faire fon de-voir en donnant de bons confeils au Roi,foit pour ne vouloir point de ' fuccef-feur dans la gloire de fa faveur, lui laillàpour principale maxime de faire lui-mê-me fes affaires, & de ne plus élever depremier Minière à ce fuprême degré oùil étoit monté ; lui avouant que par leschofes qu’il auroit pu faite contre fon fér-vice, il connoifloéi combien il étoit dan-gereux à un Roi de mettre un hommedans cet état. Il lui îaifft des confeils &des préceptes eftimables, que le Roi lui-même écrivit, afin de s’en fouvenir pourfa conduite.
Ce même jour au matin, le Roi, aprèsavoir appris la mort du Cardinal, avoirété enfermé deux heures pour travaillerlui feul au réglement de fa vie & de fesaffaires. Il voulut enfuite faire part defes réfolutions aux Grands du Royaume ;& quand il fut arrivé à Paris, il ordonnaque tous le lendemain fe trouvaflènt auLouvre chez la Reine fa mere, à quatre
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