(TAnne d’Autriche. (1661.) 47avôienc tout - k - fait changé , faifoit voirqu’il étoit aulïï grand par fon humilité&' fa douceur, qu’il l’avoit été par fesviétoires. Le Duc d’Enguien , fon fils,quoique bien jeune , donnoit eft tou-tes occafions des marques de fon efpric& de fa fageiïè. Plufieurs fois le Roi, 'les Reines, Moniteur & Madame, étantfur le Canal, dans un bateau doré enforme de galere , où prenant le frais,Leurs Majeltés faifoient la collation ;Monfieur le Prince les fervit en qua-lité de Grand-Maître, avec tant de ref-peét & d’un air fi libre, qu’il étoit im-poflible de le voir agir de cette ma-niéré , & fe fouvenir des chofes palTées,fans louer Dieu de la paix préfente.Auffi la goûtoit - il avec plaifir , difantlui-même que quand le Royaume renver-feroit, il feroic toujours inféparable defon devoir.
Nous voyions le Duc de Beaufort, cechef des Importants & des Frondeurs, leRoi de la Halle du temps jadis, s’empref-fer de fuivre par-tout le Roi fon maître,& chercher à lui plaire ; tantôt recevantles plats de la main de Monfieur le Prin-ce , à caufe que la barque étant trop pe-tite pour y faire entrer les Officiers, cesperfonnes feules y pouvoient être ; tan-