58 Mémoires pour fervir à i'H fi.le Cardinal Mazarin ; & que s’il eûc véesil n’aurait pas fouffert que fa niece leseût voulu perdre, puifqu’il les avoic tou-jours afFez bien traités pour pouvoir ef-pérer cette grâce de lui. Un jour que laComteflè de Soiïïons fail’oit ces mêmesreproches à la Ducbeflè de Navailles ,cette Dame lui répondit ces mêmes paro-les : Madame , j.e fuis affurée. que fiMonfieurle Cardinal pouvait revenir aumonde , il ferait pim content de moncœur que du vôtre. Cette réponfe fucapplaudie, & i’infenfibilité des niecesblâmée autant qu’elle méritoit de l’être.La fuite de cet appel fut fâcheufe auComte de Soiffbns. Le Roi ne l’ayantpu ignorer , pour donner un exemple mé-morable de fa juftiee, l’exila de la Cour,& le traita félon toute la rigueur desédits. De-là naquirent de grandes ani-mofités de part & d’autre.
Les deux Reines prirent le parti de laDame d’honneur, non-feulement par laraifon du droit, mais par celle de l’in-clination & de la bonne volonté, qui eftla plus forte de toutes. L’application &les foins de la Comtefie de Soiffbnsétoient d’avoir le Roi chez elle, de luiplaire, & d’avoir part à fes promenades& à fes divertiffèments. Le Roi aimoit