d’Ann: dAutriche. (1661.) 65
union, & Duna Maria Moiina AfTaffata *de la Reine & favorite, qui écoit unefort bonne perfonne, & pleine de bon-ne-volonté. Nons trouvâmes les moyenspar nos raifons de calmer l’ame de laReine , autant qu’il étoit polfible de lefaire. Elle demeura fatisfaite de nos con-feils, & les regarda comme des marquesde notre affe&ion à fon fervice. Mada-me , à qui j’en parlai félon nos projets,me parut de même allez contente denous; mais ce que je lui dis fur ces deuxmatières ne fut pas ignoré du Roi, & illui fut dit fans doute d’une maniéré déf*avantageufe pour moi. Je ne veux pasfavoir d’où procéda mon malheur ; carce qui regarde les perfonnes royales doitêtre ppur nous des myfteres de refpeél.Madame pouvoit même en avoir parléfans aucun deflèin de me nuire, & par unmotif de confiance, qui dans l’intention decette jeune Princelîè n’avoit peut-êtrerien de contraire à la probité. Quoi qu’ilen foit, Madame la ComtelTe de SoilTonsle fachant, elle qui me regardoit com-me amie de Madame de Navailles fonennemie, trouva le moyen d’empoifon-ner tout ce qui venoit de moi, & de faire
* C’eft ce qu’on dit en France, première Femme-de-chambre.