d'Anne etAutriche. (1661.) 77
à la Reine, de peur que fa douleur necaufât de trop mauvais effets contre la viede l’enfant qu’elle portoit. Le Roi effimafon fécond confeil, &; ce fecret fut ob-fervé de touce la Cour avec tant de foin,que la Reine, qui alors étoit groflè de qua -tre ou cinq mois de Motifeigneur le Dau-phin , acheva de pafîèr le temps de fa grof-feffe fans le favoîr,
Ce qu’on appelle ordinairement la bel-le galanterie , produifit alors beaucoupd’intrigues. Le Comte de Guiche, quel-que temps après, fut éloigné, pour avoireu l’audace de regarder Madame un peutrop tendrement. Comme il eft à croireqù’elîe étoit fage en effet, elle voulut quele public fût perfuadé qu’elle avoir étéde concert avec le Roi & Monfieur pourl’éloigner : mais fon exil fut court, & onpeut s’imaginer que ce crime n’avoit pasbeaucoup offenfé celle qui en étoit lacaufe ; car cette pajTion parodiant alorsdéfapprouvée par elle, ne pouvoir, félonles fauffes maximes que l’amour-propreinfpire, lui apporter que de la gloire.
La Ducheflè de Valentinoîs, fœur duComte de Guiche, & fille du Maréchalde Grammont, qui avoir époufé le Prin-ce de Monaco, demeura à la Cour aprèslui ; mais elle n’y demeura guere caufe
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