1 1(5 Mémoires pour fervir à VHift.fance qu’elle avoit pour le Roi & la Rei-ne , qu’elle fe contraignoit bien fouventpour ne les pas contraindre. Une con-verfation que j’eus l’honneur d’avoir a-vec elle au commencement de l’année1 662 , ne me permit pas d’en douter.
Un jour donc étant feule à fes pieds,elle me parut defirer ardemment de fpretirer au Val-de-Grace, pour ne s’oc-cuper plus qu’au foin de fon falut : ellem’alïura qu’elle n’en étoit retenue quepar la confidération de la Reine, à quielle fe jugeoit néceflàire, & à Monfieuraufli qu’elle aimoit tendrement. Elle a-jouta à ces paroles, que le Roi, qui luiavoit toujours été fi cher, étoit fi capa-ble, fi heureux, fi content & fi grand,qu’elle fe croyoit tout - h - faic inutile ^fon égard j & que n’ayant là-deflus quefa fenfibilité & fon amitié à vaincre ,eile les vouloir facrifier à Dieu , & fepriver du plaifir qu’elle avoit d’être au-près de lui, pour donner le refte de fjivie h fes véritables devoirs. Ce difcoursme toucha vivement, & de plufieurs ma-niérés. Je pris la liberté de lui dire qu’el-le étoit également néceflàire au Roi, àla Reine & à Monfieur , & qu’elle ngdevoit pas, pour un bien qui n’étoit qu’enidée, & lequel, quand il ferait certain,