iïAnne £ Autriche. (1662.) 133juger par-là que routes les larmes qu’eilerépandoit alors, & à ce qui fembloit furdes bagatelles qui ne le méritoient'pas,venoient fans doute de ce qu’elle fentoitun mal dont elle n’ofoit fe plaindre. Latendreflè qu’elle avoit pour le Roi faifoicnaître là jaloufie, & de cette dernierenaiffoit fon chagrin.
La première année du mariage de laReine, le Roi avoit été tendre pour elle ,& fort fenfible à la légitime paillon qu’el-le avoit pour lui. Auifi tôt que l’amitiédu Roi vint à diminuer, celle qui enétoicl’objet s’en apperçut bien vite; elle n’eutpoint befoin de confidente pour l’aver-tir de ce fecret : avant que d’en connoî-tre la caufe, elle en fentit les effets, &difoit fou vent à la Reine ià mere en pleu-rant exceflivement, que le Roi ne l’ai-moit plus. Quand enfuite elle fut qualîcertaine de ce changement, par la con-noiffance qu’elle eut de l’amour qu’iiavoit pour Mademoifelle de la Valiere,elle fut long-temps dans un état pitoya-ble : il fembloit quelquefois que fon cœurvoulut fortir de fa place, tant il étoitagité, montrant par cette émotion qu’ilne pouvoir être content fans être réunià celui même dont elle fe plaigtioit. LeRoi voyoic à-peu près toutes fes peines;