(TAnn* â'Autriche. (1664.) 171ce qu’en effet elle fe trouvoit mal. LeRoi venant chez elle à l’heure du repas,car ils parloient enfembleen public, ren*contra la Reine qui s’en alloît à fon ap-partement. Il lui demanda, tout furprisvpourquoi elle s’en retournoit avant qued’avoir foupé ? Elle lui répondit que laReine fa mere lui avoit dit de le faire,parce qu’elle ne vouloic point manger.Le Roi pâlit à ce difcours, & demeuratout interdit. Il fuivit la Reine, qui allafouper chez elle, & il y demeura fansvouloir s’aflèoir à table, appuyé fur lederrière de la chaife de la Reine. Il fitbonne mine en préfence des fpeéta-teurs; mais fon cœur fort eftimable encela, fouffroit de la peine, & lui faifoitfentir qu’il étoit coupable envers cettedigne mere qui l’avoit toujours tant ai-mé , & qu’il avoit jufques-là toujourstant honorée.
Le lendemain matin, la Segnora Moli-na, étant entrée dans l’Oratoire de la Reine-Mere, elle fut furprife de la trouver tou-te en larmes. La Molina voulut fortir,craignant de l’avoir importunée, par laliberté qu’elle avoit prife en ouvrant faporte; ce que guere de gens n’auroiencofé faire dans les heures de fes prières:mais cette Princeffe la rappella,- & fans