îji Mémoires pour fervir à l'Hiji.lui vouloir rien cacher de l’état où elléétoit, lui fit ligne de Te mettre à terreauprès d’elle. Elle le fit ; & après luiavoir demandé en Efpagnol ce qu’elleavoit, la Reine-Mere la regardant fixe-nrent avec des yeux remplis de douleur& de larmes , lui répondit feulementces paroles : Ah ! Molina , ejios hijos !(Ah! Molina, ces enfants!) & aprèsavoir un peu déchargé fon cœur avecelle, la renvoya. Cette vertueufe Prin-ceflè cherchant les plus folides confola-tions qu’une ame chrétienne puifiè trou-ver , avoit fait ce même jour fes dévo-tions , & fon Confeflèur lui avoit ordon-né de parler au Roi la première, ■& de neplus écouter ni fon dépit, ni fà douleur.Elle s’étoit réfolue aufli-tôt de le faire,trouvant jufte de facrifier tous fes fen-timents à Dieu. Elle ne penfa donc plusqu’à parler au Roi ; mais elle me fit l’hon-neur de me dire peu de temps après, quece ne fut pas fans peine, & que les humi-liations qu’elle eut peur d’y rencontrerla firent fouffrir quelques angoifies.
Le Roi, de fon côté, par fon bon na-turel, mal fatisfait de lui-même, alla latrouver, avec une intention fincere defe raccommoder avec elle ; mais l’envieque la Reine fa mere avoit d’obéir à