d'Anne dAutriche. (1665.) 209
Le Roi demanda à la Reine la véritéde la converfation que cette Princeiïèavoic eue avec elle aux petites Carmé-lites. Elle ne lui en dit que les moindreschofes : car alors la Comteflè de Soif-Ions étant brouillée avec Madame qu’el-le ne croyoit pas fon amie, elle com-mença à ne plus haïr cette Princelïè ; &par un fentiment de fidélité, elle ne vou*lut pas la perdre. Mais la bonté de laReine n'empêcha pas fa difgrace. Var-des, qui, depuis peu, étoit déjà exilé,pour avoir' dit dans le commencementde leur brouillerie, & avant leur éclat,quelques paroles contre le refpeét qu’ildevoit à Madame, fut envoyé en prifondans la Citadelle de Montpellier, & letrentième Mars 1 665 , le Comte & laComteflè de Soiflons partirent de laCour, avec un ordre fecret de fe retirerà l’une de leurs maifons.
Ce même jour trente Mars, quelqu’un* bien inftruit de l’atfaire dont je viensde parler, me rencontrant chez la Rei-ne-Mere, me dit tout bas, que perfonneà la Cour ne gagnoit tant que moi à cet-te journée : & m’apprit qu’encore quele Roi fût demeuré indécis fur les foup-çons qu’il avoit eus de moi touchant la
* Le Tcllier,