222 Mémoires pour fervir à VHifi.chemife, pour la lui ôter. Elleavoitàfouf-frir les douleurs de fon cancer, qui étoicle pire de fes maux : elle avoic à foutenirles approches de la mort, qu’elle voyoicvenir à grands pas vers elle ; mais enfin faconfiance étoit encore plus grande que fesmaladies; & par cette vertu, ou plutôtpar la grâce que Dieu lui faifoit, elle au-roitpu dire avec Séneque, mais d’une ma-niéré bien plus admirable, puifqu’elle au-roit parlé en Chrétienne : Fievre, cancer ,éréfypelle , douleurs , vous ne me faitespoint de mal; car rien de ce que Dieuordonne ne fepeut appeller un mal. Mon-iteur , quafi toujours occupé de la douleurque fouffroit la Reine fa mere, lui dit cemême jour, en lui faifant quelque quef-tion fur fes maux, qu’il auroit fouhaitéd’en avoir la moitié. Elle lui répondit là-deflus d’un ton ferme, où la force de l’ef-prit & la piété de l’ame paroifloient étroi-tement unies enfemble : Mon fils , cela nefer oit pas jufîe; Dieu veut que je fajfepénitence , Il faut préfentement que jefatisfajfe à ce qu'il ordonne ; ceft à moià foujfrir , & non pas à vous. En con-tinuant d’écouter notre converfation, com-me nous vînmes par haf'ard à parler decertains mémoires qui avaient été faits fur
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