iTAnne âAutriche. (1665.)le régné du feu Roi, où elle avoit unegrande part, voulant fe mêler à nos dif-cours, elle nous difoit quelquefois, cela ellvrai, ou cela ne l’efi: pas, y ajoutant leschofes qu’elle croyoit que l’auteur n’avoitpas fues, ou n’avoit pas voulu dire.
Le foir du Dimanche de la Trinité, leredoublement de la fievre de la Reine-Mere fut grand, & fit changer cette pe-tite tranquillité en de nouvelles allarmes.Je devois ce jour-là m’en retourner à Pa-ris; mais comme je vis que cette fievreprenoit fi âprement, j’en appréhendai lesfuites, & demeurai prefque toute la nuitauprès d’elle. Elle fut fort malade, elleeut deux redoublements, & le matin fonvifage me parut encore fort enflammé.Moniteur y vint, & s’aflît au chevet defon lit, n’y ayant dans la ruelle que My-lord Montaigu & moi. Ce Prince, quimêloit dans fa vie quelques petites appa-rences de dévotion, parla de Dieu à laReine fa mere comme un homme qui au-roit été confommé dans une vie d’oraifon& de pénitence , & nous admirâmes qu’àfon âge il pût fi bien parler d’une chofe fiexcellente, & qu’il ne connoiffoic pointencore par une pratique véritable & folide.
Après cette convention de MonfieurK iv