d'Anne dAutriche, (i 665.') 237ne parut point troublé de ce qui troubletous les hommes. Elle appella fou Con-fefleur ; & après s’être confeflee, on luiapporta le faint Viatique. Elle avoit eutout le jour la pâleur de la mort fur le vi-fage : elle avoit été quafi toujours en foi-bleflè ; mais à la vue de fon Créateur,toutes fes forces lui revinrent , & fesyeux parurent embrafés de l’amour deDieu. Toute la Famille royale , & ceuxqui eurent l’honneur de la voir, remar-quèrent qu’elle n’avoit jamais été fi bellequ’elle le parut alors. L’Archevêqued’Auch, fon grand • Aumônier , lui ad-miniftra le Saint-Sacrement, que le Roi& Monfieur allèrent chercher h la Paroif-fe , avec l’accompagnement & le ref-peét dû au Maître des Rois. Cet Arche*vêque tenant notre Seigneur entre fesmains, dit de belles chofes à cette au*gufte Reine. Il y avoit long-temps qu’ilavoit l’honneur d’être à elle, & en luidonnant l’Auteur de lavie, il étoit entiè-rement pénétré de l’horreur de la mort.Ses larmes furent fuivies de fanglots &des foupirs de tous ceux qui étoient dansla chambre de cette Reine, fi regrettée& fi digne de l’être. Elle feule paroifioitcontente t & vu le calme où elle étoit ,& la paix qui régnoic fur fon vifage, il
Schliessen