aÔ2 Mémoires pour fervir à FHifî.te entière au Roi, & que je voulois qu’el-le fût louée auffi-bien que lui. Elle medéfendit férieufement d’en parler à quique ce fût, & me fit l’honneur de me di-re : Ce que je voulois faire efl fait , &d’une maniéré plus avantageufe pour cespauvres gens ; car le Roi ne les voulantpas voir , leur a donné plus que je n'au •rois ofé lui demander. Grâces à Dieu ,me dit-elle encore, je ne me foucie pointdes louanges : je fuis bien-aife que le Roiles ait toutes ; je fouhaite qu'il vive affezvertueufement pour les mériter.
Le Duc & la Ducheflè de iNavaillesreçurent le courier du Roi avec beau-coup de joie & de reconnoiflance enverslui. A l’égard de la Reine-Mere , dontils furent par mes lettres les bontés, ilsn’oferent s’en vanter, & ils obferverentun grand filence fur tout ce qui pouvoitavoir quelque rapport à cette Princeffe.Outre les raifons qu’ils eurent de fe tai-re , ils en purent avoir une autre que j’aitoujours remarqué être naturellementécrite dans le cœur de ceux qui reçoiventdes grâces de la Cour. Ils ne veulent lesdevoir qu’à celui qui en efl: le maître,& croyent que les apparences de leur gra-titude l’obligera à leur en faire de 'nou-velles. L’orgueil humain les empêche