Î7 2 Mémoires pour fer air à FHift.fa mere, & qui, par la raifon de fon deuil,ainü que je viens de le dire, ne pouvoitêtre d’aucun divertiilèment, murmuracontre celui-Ih. Il lui déplaifoit encoreplus que les autres, à caufe de la part queMademoifelle de la Valiere y avoir; cartoutes les faveurs faites à fon amie d’Ar-tigny tiroient leur fource de la fienne. LaReine-Mere, avec fa douceur ordinaire,répondit à la Reine, qu’il falloit pardon-ner les emportements de la jeuneflè, maisde la maniéré qu’elle le difoic, il me pa-rut clairement que fon cœur ne s’accor-doit pas avec fa prudence. Ce n’eiî: pasfans fujet que les Poëtes ont feint des de-meures délicieufes, où leurs Héros ref-toient enchantés, c’eft - à - dire , privésde la connoiflànce de leurs devoirs, &fournis aux illufions des fens ; puifque lespaillons ordinaires, par leurs effets, nousfont voir de nos yeux des hommes fagesavoir des intervalles d’emportement ,qui leur font perdre l’ufage de leur rai-fon , & les empêchent de faire aucunsaftes de la vertu qu’ils onc naturellementdans le cœur, dont ils ont donné d’é-videntes preuves. J’étois feule auprès desdeux Reines, & leur converfadon furcette grande matière me faifant de la pei-ne, pour les détourner toutes deux de
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