d Anne d'Autriche, (j 666.) 28 *re, & combien tous les fecours font inu-tiles , quand il plaie à Dieu de détrui-re les premières perfonnes du monde.
Depuis les grands maux de la Reine-mere, elle avoit accoutumé , quand faroyale famille l’avoit quittée, & que lerideau de fon lit étoit tiré, de faire direles Litanies de la Paillon avec beaucoupd’autres prières ; ce que l’Archevêqued’Auch faifoit pour l’ordinaire , ou quel-qu’un de fes Aumôniers. Après qu’elleseurent été dites, on fe retira d’auprèsd’elle , pour voir fi elle n’auroit pointquelque moment de repos; mais bien-loind’en avoir , nous l’entendîmes toujoursfe plaindre ; ce qu’elle fe permettoit defaire quelquefois la nuit, mais jamais lejour, parce que la nuit elle étoit plusfeule, & ne craignoit point de faire dela peine à perfonne.
Après minuit , fon grand • Aumônierlui dit la Meflè dans fon Oratoire, quiétoit à la ruelle de fon lit. Il la commu-nia , & je remarquai qu’elle reçut Notre-Seigneur avec une dévotion toute ex-traordinaire. Il fembloit, vu le calme oùelle étoit, que fes douleurs & fes mauxl’eulTent quittée ; car fon application àDieu étoit fi grande, qu’il étoit aifé devoir que l’ame en ces occafions l’empor-