aOo Mémoires pour fervtr à ïl/ifi.doublement qui fut plus violent que lesautres. Elle connut qu’elle empiroic, &le dit à l’Archevêque d’Auch , qui endemeura d’accord avec elle; mais com-me il ne la trouva pas encore allez mal pourlui donner le faintViatique, elle concluede communier après minuit.
A l’heure ordinaire, c’eft-à-dire à dixheures dufoir, la Reine-Mere donna lebon foir à la Reine, à Moniteur, & àMadame. Il nous parut à la ComtefTe deFlex & à moi, qu’elle les preflà de partiravec plus d’âpreté qu’elle n’avoit accou-tumé de faire. Elle étoic plus abattue &plus oppreffée de fes exceffives douleurs ;& comme elle n’aimoit point à faire voirfes fouffrances , elle voulut alors êtrefeule, afin de pouvoir endurer fes mauxavec moins de contrainte. Ce mêmefoir, en voulant prendre des œufs fraisqu’on lui fervit, elle me parut dans unfort mauvais état ; & dans ce feul mitantde fa vie, elle parut avoir plus de foixanteans ; car fon corps, par l’enflure de fesbras, de fes mains , & de fon vifage,étoit fi appefanti , qu’à peine pouvoit-elle lever la tête, ni hauflèr fes mainsjufqu’à fa bouche. Il étoit difficile de voirune fi grande Prince fie en cet état fansenvifager fortement le néant de la créatu-