d’Anne dAutriche. (1666.) 283n’avoit plus de force pour jetter dehorsl’humeur de l’éréfypelle. Cette humeurs’étoit tellement jettée entre cuir & chair,que fes épaules eommençoient à s’ulcérer ;& comme elle étoit toujours couchéefur le dos, elle y fentoit beaucoup de mal.Elle me recommanda de les toucher. Jeles trouvai déjà toutes pleines de glandes,& je fus étonnée de ce qu’elle fouffroitune fi grande augmentation de douleurfans en parler. Je le dis aux Médecins ,afin de les obliger à y mettre quelquechofe. Ils le promirent, & je vins le direk la Reine-Mere. Cette pieufe & confian-te Princefle ne fe regardant plus devantDieu qu’avec les fendments d’une Chré-tienne pleine d’humilité & de l’uniquedefir de faire pénitence, me fit l’honneurde me répondre, toute occupée en Dieu :J ai abandonné mon corps à lajufîicedsDieu : les hommes en feront tout ce qu'illeur plaira. Comme les hommes étoientdeftinés k la faire fouffrir, ils ne mirentrien fur fes épaules. Il eft k croire queDieu l’ordonnoit de cette forte , pourla purifier davantage k fes yeux.
La Comteflè d’Ille * alors s’étant ap-prochée de la Reine-Mere, elle lui dit
* Dame Catalane, qui avoit du mérite & beau-coup d’elprit.